Charles Bukowski, Buvant son petit vin blanc cul sec sur le plateau d’ Apostrophes Bernard Pivot Le 22 septembre 1978 . Le thème de l’émission : la marge

Cul sec pour une bonne rentrée

Charles Bukowski, Buvant son petit petit vin blanc cul sec sur le plateau d’ Apostrophes Bernard Pivot Le 22 septembre 1978 . Le thème de l’émission : la marge

Charles Bukowski, Buvant son petit petit vin blanc cul sec sur le plateau d’ Apostrophes Bernard Pivot Le 22 septembre 1978 . Le thème de l’émission : la marge

Bernard Pivot interviewe Marcel Mermoz,   Catherine Paysan, Charles Bukowski,  François Cavanna. Il boit tout au long de l’emission  Notre Cher Cher Cher Cavanna et son franc parlé lui balance « Bukowski je vais te mettre mon poing dans la gueule » puis  Pivot de rajouter « c’est de votre faute, il fallait mettre de l’eau », réponse : « mais il a apporté ses bouteilles « . Complètement ivre, il quittera le plateau, emmené par ses collaborateurs. Images d’archive INA (Institut National de l’Audiovisuel)

l’Emission complète

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 Sa sortie au choix…. mais je vous conseille quand même la première

 

Man Ray- Denise Tual Paris, 1935

Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust 4

Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust

Denise Tual ( 1906- 2000) , petite, élégante, et spirituelle, était bien connue par les excentriques de son époque. Elle  épousa en première noce Pierre Batcheff, l’acteur principal du Chien Andalou. Elle côtoie bien entendue bon nombre des grands noms du surréalisme Français et international,( c’est pourquoi elle se retrouvera sous l’objectif de Man Ray par exemple)  mais également les grands noms de l’époque. et ce tant lors de son premier mariage que durant son second  Roland Tual , ancien membre de la scène surréaliste parisien , qu’elle épousera près la mort de Batcheff.

Depuis les années 30 elle était dejà est une productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française, et elle collaborera dès lors en tant que  productrutrice en compagnie de son nouveau mari. Le couple possédait une petite maison de campagne à Orsay, où ils aimaient à se divertir en compagnie de Christian Dior, le nouveau talent de la mode, le designer Christian Bérard, Marcel Achard, ou encore Jacques Henri Lartigue  qui étaient des réguliers chez eux.

Elle aida Louis Buñuel à s’enfuir au mexique à la fin de la seconde guerre d’espagne, où il jurait de ne jamais retourner , afin qu’il puisse retrouver sa famille  ( cf/ l’ouvrage Dictionnaire Amoureux du Mexique / Chapitre Louis Bunuel/ par Jean -Claude Carrière.)

Vous pouvait retrouver ici sa filmographie et ses fonctions dans la realisation des films .    ou bien encore ici sous le nom de Denise Batcheff  ainsi qu’ici, Réalisation d’une interview d’André Masson   « L’Imagination surréaliste, André Masson »  ou ici sur la page du Festival de Cannes où l’une de ses collaboration avec  Michel Fano a été projetée au festival en 1973

elle écrira Le Temps dévoré, Paris, Fayard, 1980  et Au cœur du temps, Paris, Carrère, 1987

Conseil de lecture  Denise Tual, Au cœur du temps. Cocteau – Malraux – Stravinski – Nouveev – Prévert – Jean Renoir – Buñuel – Messiaen – Colette, préface de Jean-Claude Carrière, Paris, éd. Carrère, 1987

Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust

Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust

Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust 2

Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust


Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust 1

Man Ray- Denise Tual (Titus) 1935 Epreuve gélatino-argentique ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust 1


Man Ray- Denise Tual ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust

 

Man Ray- Denise Tual ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust

Man Ray- Denise Tual ( productrice de cinéma, monteuse et réalisatrice française Paris) , 1935 (c) Man Ray Trust

I’m too sad to tell you (1971) – Bastiaan Johan Christiaan Ader « Bas Jan » (1942 – 1975)

I’m too sad to tell you (1971) – Bas Jan Ader

Blog consacré à l’artiste

Bas Jan Ader Estate 

l’ Oeuvre d’art de l’artiste conceptuel néerlandais, Bas Jan Ader (artiste de performance, photographe et cinéaste.) , est un film de trois minutes en noir et blanc muet, comprenant des photographies fixes et une carte postale tous liés, montrant l’artiste pleurer pour une raison inconnue.

Les photographies comprennent à la fois une version de cheveux courts et une version cheveux longs .  Les cartes postales ont été envoyées à ses amis avec l’inscription « je suis trop triste de vous dire ».  Il existait un original, aujourd’hui perdu, version du film intitulé « Cry Claremont » projeté à la Galerie Pomona à Claremont, en Californie, en 1971-72.

 

« L’indicible est-il représentable ? « Je suis trop triste pour te le dire » affirme le titre de l’oeuvre, ne manquant pas de faire écho, en une inversion désinvolte, aux principes de l’art conceptuel affirmant que l’art est langage, déclaration, verbe.

Alors, au final, quand les mots manquent, restent les larmes. » article intéressant ici dont j’ai extrait ceci

i’m too sad to tell you (1971) – Bas Jan Ader

i’m too sad to tell you (1971) – Bas Jan Ader

 

 

“Art… is still doubly a servant – to higher aims no doubt, on the one hand, but nonetheless to vacuity and frivolity on the other.” Hegel  [Trouvé das les affaires de Bas Jan Ader après sa disparition en mer en 1975 entre le Cap Cod, au Massachusetts et en Irlande.]

Malika Mokadem

Malika Mokadem reedit

Today I redivision article in collaboration with Malika, which you will find the site here on wordpress, who has started in 2014 and especially starting with me and quote reference me, (and I thank her warmly, because I have a lot of visits are coming from her website) since that article had given her a boost CF http://malikamokadem-photography.com/2014/08/20/la-petite-melancolie/

But today I see on Tumblr on Facebook, here on wordpress, at DantéBéa Her again and again. She stole everything, changed the colors, never mentioning the artists’ websites links and I am deeply annoyed by this behavior which is a total disrespect. I am not responsible for the fact that nobody comes seek you for publishing artists and I will not apologize that many artists have come to me to offer me their work, no offense to some in.

 

Aujourd’hui je repartage l’article fait en collaboration avec Malika, dont vous trouverez le site ici sur wordpress, qui l’ a commencé en 2014 et notamment en débutant par me citer et me référencer, (et je l’enremerci evivement, car j’ai beaucoup de visites qui proviennent de son site) car cet article luiavait donné un coup de pouce CF http://malikamokadem-photography.com/2014/08/20/la-petite-melancolie/

Mais aujourd’hui je vois sur Tumblr sur Facebook, ici chez DantéBéa encore et encore Elle. Elle a tout volé, changé les couleurs, ne citant jamais le liens des sites des artistes et je suis profondément agacée par ce comportement qui est d’un irrespect total. je ne suis pas responsable du fait que personne ne vienne vous solliciter pour publier des artistes et je ne vais pas m’excuser que plusieurs artistes soient venus à moi pour me proposer leurs travaux, n’en déplaise à certain(e).

Publié par kate

Malika Mokadem est une photographe française, née à La Ciotat en 1973. Après avoir fait des études de marketing international à San Francisco, où elle a  vécu et travaillé durant 10 années  elle est revenue en France en 2003. Après avoir longtemps tourné autour de l’objectif, en tant que mannequin, styliste photo, assistante photographe ce n’est que depuis quatre ans que Malika s’essaye à exercer son talent de photographe. c’est donc une  » Jeune » photographe très inspirée et prometteuse  que je vous dont je vous fait découvrir le talent aujourd’hui. On retrouve dans son travail une atmosphère baroque et un regard posé  sur la question du « féminin » , du corps et de la nudité et de l’érotisme qui n’est pas sans nous évoquer Madame Ionesco pour ne citer qu’elle, d’ailleurs Malika l’évoque dans la présentation à laquelle, elle s’est prêtée fort gentiment pour cet article.

 » Il y a 4 ans,  j’ai enfin succombé à la tentation de raconter mes propres histoires en étant enfin celle qui appui sur le déclencheur! Je suis une nostalgique, amoureuse d’Edgar Alan Poe et Baudelaire, grande fan de Anais Nin et Henry Miller. 

Mes photographes fétiches sont de grands torturés et souvent des pays de l’est, Irina Ionesco, Vojnar, Telepnev, Saudek… C’est surement pour ça que depuis quelques mois je me suis mis à l’argentique, pour retrouver ces matières si particulières, ces univers « graineux » et ces vrais noirs.

J’ai toujours aimé raconter des histoires, susciter des émotions, faire sourire, rêver, pleurer parfois. Mes amies mannequins ont été formidables et ont eu la grande gentillesse de me servir de cobayes les premières années; elles se prêtent toujours aux jeu d’ailleurs lorsque je m’amuse à découvrir de nouvelles techniques.

Merci Isa, Alex, Zoé, Cécile, Nat…. Mes amis artistes m’ont ouvert les portes de leurs ateliers et de leurs âmes et m’ont permis de réaliser d’authentiques portraits . Pour moi la photo est un échange, une conversation amoureuse entre un photographe et son modèle, elle demande une confiance absolue, un lâcher prise de la part des deux protagonistes.

Mon travail peut sembler, hétéroclite, alors qu’il est simplement un miroir de mon état d’esprit, de mes expériences et de mes rencontres. Je prends autant de plaisir à faire du portrait, un reportage photo ou une série de mode, chaque exercice de style me permet d’évoluer et d’utiliser des morceaux de moi. «  Malika Mokadem

Tous Droits réservés © Malika Mokadem

Malika Mokadem-Lying rose , 2012

Malika Mokadem- Scarf 2, 2013

Malika Mokadem- Scarf 1, 2013

Malika Mokadem- Lace 3, 2013

Malika Mokadem- Lace 1, 2013

Malika Mokadem- Lace 2, 2013

Malika Mokadem- Lace 4, 2013

Malika Mokadem, The necklace 2, 2013

Malika Mokadem- The necklace 1, 2013

Malika Mokadem- The mask 5, 2013

Malika Mokadem- The mask 1, 2013

Malika Mokadem- The mask 4, 2013

Malika Mokadem- The mask 3 2013

Malika Mokadem -The mask 2, 2013

Malika Mokadem- Faith 1, 2011

Malika Mokadem- Faith 2, 2011

Malika Mokadem- Butterflies inside my head 2 , 2011

Malika Mokadem- Velvet couch 1, 2011

Malika Mokadem- Velvet couch 2 2011

Malika Mokadem- Virgin 1, 2013

Malika Mokadem- Tied up by vanity 3, 2012

Malika Mokadem- Leather gloves 2, 2013

Malika Mokadem- Leather gloves 3 2013

Malika Mokadem- Dyptique 1, 2012

Malika Mokadem -Butterflies inside my head 1 2011

Malika Mokadem- Blinfold 1, 2013

Malika Mokadem- Blindfold 2, 2013

Malika Mokadem- Leather cage 1 , 2012

Malika Mokadem- leather cage 2, 2012

Malika Mokadem- Magic box 2, 2013

Malika Mokadem-- Magic box 3, 2013

Malika Mokadem- Magic box 1 , 2013

Malika Mokadem- Ghost, 2012

Malika Mokadem- Vertue and vice 1 2011

Malika Mokadem- Vertue and vice 2, 2011

Malika Mokadem- Vertue and vice 3, 2011

Malika Mokadem- Blond, 2013

Malika Mokadem Projet exposition

Le site de Malika Mokadem

Retrouvez Malika Mokadem sur facebook

 

Extrait d’entretien avec la photographe Malika Mokadem – Marseille – Sept 2011.

Joan Semmel

Deux photographies préparatoires pour peintures

Joan Semmel Site

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Joan Semmel- Reference photograph for Me Without Mirrors, 1974, gelatin-silver-print personnal Scan

Joan-Semmel- Reference photograph for Me Without Mirrors II, 1974, gelatin-silver-print personnal Scan

Joan Semmel- Reference photograph for Me Without Mirrors II, 1974, gelatin-silver-print personnal Scan

if you want these pics since watermark let me a message and i’ll give you with pleasure .

Louise Bourgeois « Extrême tension », 2007

[A ma Tendre et précieuse Clarisse L.(Psycho-sociologue/ Maître de conférence à l’ UCP….) et son Histoire avec le Corps]

Louise Bourgeois photographed by Brassaï at the Académie de la Grande-Chaumière in Paris in 1937

Louise Bourgeois photographed by Brassaï at the Académie de la Grande-Chaumière in Paris in 1937

Louise Bourgeois « Extrême tension », 2007  ou Un corps c’est quoi ? de simples organes, une mémoire, des cellules, ce qui nous fait , ce qui nous encombre, ce qui nous permet de vivre, d’assouvir nos besoins primaires, mais aussi désirs?

C’est quoi le corps ?, c’est bien là, la dernière grande interrogation qui ne renvoie Louise B.  

“FOR ME, SCULPTURE IS THE BODY. MY BODY IS MY SCULPTURE” L.B.

Louise Bourgeois enfermait ses angoisses et ses mémoires d’enfance, son rapport à la sexualité et à la mort, ici, avec cette dernière œuvre, elle dépouille tout jusqu’à l’extrême. Un corps, c’est cela. Le sien (il y a sur chacun des panneaux ces grandes et affirmatives initiales LB, un corps signé, s’il n’est pas décrit comme sexué). La vie fait peur, mais elle est la vie avec ses désirs et ses douleurs. Sans retenue. Le corps de Louise est un corps de désir(s). Ce que dit cet autoportrait anatomique, dans toute son ampleur.

Dans Extreme Tension, l’artiste Louise Bourgeois décrit son corps dans une série de onze dessins accompagnés de textes. Elle les réalise en 2007 à l’âge de 95 ans. Extrême tension sera son dernier, son extrême refuge dans lequel le modeste exercice graphique prendra tout son sens, dessiné par Louise Bourgeois. La date : 2007.

Inédits, les onze panneaux en très grand format se composent comme un livre ouvert sur le corps ouvert de Louise. Onze panneaux qui alternent et mêlent estampes rehaussées à la main par l’artiste et grandes feuilles de papier où elle a écrit les mots descriptifs du corps, de son corps, de son corps artiste. Avec un basculement de l’anatomique aux humeurs, des humeurs à l’angoisse de la mort au sein d’une vie toujours au présent. L’œuvre est tendue, vive, tremblante, simple.sera son dernier, son extrême refuge dans lequel le modeste exercice graphique prendra tout son sens.

« Mon cuir chevelu
front
oreilles
la base du crâne
derrière le cou
le dos entre les omoplates
la base des côtes
plexus solaire
l’estomac
l’œsophage
la gorge
les intestins
le rectum
les jambes
cuisses
chevilles
doigts de pied
les os du pelvis
les articulations
les bras
les avant-bras
mains
doigts
les douleurs et les crampes
la respiration
les palpitations
les bouffées de chaleur
la transpiration
extrême extrême tension
l’odeur de l’animal traqué ».

Louise Bourgeois, Extrême tension (2007)

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Cette série est un grand dispositif composé de onze panneaux de formats différents, associant des estampes rehaussées de peinture et de grandes feuilles de papier sur lesquelles figurent des mots et des phrases écrits en anglais par la main tremblante de l’artiste. La série reprend les thèmes chers à l’artiste, le corps et l’inconscient, s’exprimant avec grâce et brutalité dans une expression formelle sensible et épurée. Bourgeois nous donne à voir un cycle, celui de la pulsion de vie, au travers de son propre corps dont elle détaille les parties symboliques.

Dans le premier panneau, est figurée l’empreinte rouge de ses bras tendus verticalement vers le ciel, encadrant le titre de l’œuvre, écrit en lettres majuscules. Les panneaux suivants livrent d’autres fragments du corps et autant de sensations physiques illustrées par de fins dessins d’organes qui oscillent entre figuration et abstraction. L’ensemble décrit un processus d’angoisse menant à la mort, celui de « L’odeur de l’animal traqué », entouré de traces de doigts sur quatre colonnes.

Ces bras élancés au dessin rehaussé de rouge qui s’échapperaient de la surface du papier, qui iraient jusqu’à l’extrême d’un hors champ du support défini, vers la vie, en somme

Louise Bourgeois– Extrême Tension, 2007 Panneau 1

Louise Bourgeois– Extrême Tension, 2007

Louise Bourgeois– Extrême Tension, 2007

La représentation de la main rythme le cycle. Les mains rouges du premier panneau réapparaissent sur le septième, mais ici elles ont glissé vers le bas de la feuille, en y laissant des traces : cependant elles s’agrippent toujours au papier – c’est-à-dire à la vie. La main peut fonctionner comme le signe du destin. C’est elle qui tient le crayon, qui indique le chemin, qui attrape et qui lâche ; elle emprisonne les mots délivrés comme des cris intérieurs. Les traces de doigts, d’un rouge passé, s’apparentent aux marques laissées par un captif enfermé dans la feuille de papier. La légèreté du médium graphique et l’économie de moyens dont use l’artiste atténuent la pesanteur du drame et donnent à l’ensemble une fluidité organique.

 Tout palpite, tout tremble, tout vibre sur le papier. Dans la succession des panneaux se constitue ce corps Bourgeois par des mots précis et de courtes phrases en anglais :

« My scalp » – « ears » – « The base of the skull » (panneau 2) 

Louise Bourgeois -« My scalp » – « ears » – « The base of the skull » (panneau 2) ;    Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'aquarelle, 2007

Louise Bourgeois -« My scalp » – « ears » – « The base of the skull » (panneau 2) ; Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’aquarelle, 2007

« Back of the neck » – « The back between the shoulders blades » « The base of the ribs »  « Solar plexus » (panneau 3) 

Louise Bourgeois  extreme tension Panneau 3, Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'encre 2007

Louise Bourgeois extreme tension « Back of the neck » – « The back between the shoulders blades » – « The base of the ribs » – « Solar plexus » (panneau ) Panneau 3, Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’encre 2007

Eléments (fragments) du squelette… Et puis, la description interne se poursuit, zone sensible des angoisses et des douleurs, zone des fluides, des absorptions et des expulsions :

« The stomach » – « The esphagus » (panneau 4) 

Louise Bourgeois -«« The stomach » – « The esphagus » (panneau 4)  ;    Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'aquarelle, 2007

Louise Bourgeois -«« The stomach » – « The esphagus » (panneau 4) ; Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’aquarelle, 2007

« The intestins » – « The rectum » (panneau 5).

Louise Bourgeois - « The intestins » – « The rectum »   panneau 5, The Breathing -The Palpitations -The Hot Flashes Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'aquarelle, 2007

Louise Bourgeois – « The intestins » – « The rectum » panneau 5, The Breathing -The Palpitations -The Hot Flashes Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’aquarelle, 2007

« The Arms »– « Fore arms » – « Hands » – « Fingers » (panneau 6).

Louise Bourgeois, Extrême tension, 2007, Panneau 6, Mine graphite et estampe sur papier,

Louise Bourgeois, Extrême tension, 2007, Panneau 6 , Mine graphite et estampe sur papier,

« The legs » – « Thighs » – « Ankles » – « Toes »… (panneau 7) ;

Louise Bourgeois - « The legs » – « Thighs » – « Ankles » – « Toes »… (panneau 7) –Panneau 10  Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'aquarelle, 2007

Louise Bourgeois – « The legs » – « Thighs » – « Ankles » – « Toes »… (panneau 7) –Panneau 10 Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’aquarelle, 2007

les sensations élémentaires à nous communes (« The pains and cramps » du panneau 8). La vie et la mort, dit Louise Bourgeois.

Louise Bourgeois -« The pains and cramps » panneau 8 ;    Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'aquarelle, 2007

Louise Bourgeois -« The pains and cramps » panneau 8 ; Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’aquarelle, 2007

Et puis les manifestations physiques du corps (« The breathing » – « The palpitate » – « The hot flashs » du panneau 9 pour dire les poumons, le cœur, les respirations, transpirations, bouffées de chaleur),

Louise Bourgeois panneau 9 , The Breathing -The Palpitations -The Hot Flashes Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’aquarelle, 2007

« La resiration» –Panneau 10

Louise Bourgeois - « La resiration» –Panneau 10  Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'aquarelle, 2007

Louise Bourgeois – « La resiration» –Panneau 10 Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’aquarelle, 2007

Et cet être qu’elle décrit, au dernier panneau, elle le nomme par la sensation viscérale : « The smell of the hunted animal » (l’odeur de l’animal traqué). Rien de moins virtuel que ce corps-là, les mots et le dessin de formes presque informes se sont substitués aux formes sculptées complexes, aux environnements-cellules narratives.

Louise Bourgeois  extreme tension  The smell of the Hunted  animal Panneau11, Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l'encre, 2007
Louise Bourgeois extreme tension The smell of the Hunted animal Panneau11, Mine graphite sur papier et estampes rehaussées à l’encre, 2007

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Extrait du catalogue Collection art graphique – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Agnès de la Beaumelle, Paris, Centre Pompidou, 2008 

« Quoique depuis vingt ans les moyens les plus importants aient été donnés à Louise Bourgeois pour ses installations et ses sculptures, l’exercice graphique n’a pas cessé pour autant d’être au cœur de son œuvre, et ce jusqu’à très récemment : le travail du dessin garde son rôle premier, immédiat, cathartique, d’expression de ses angoisses, de ses fantasmes les plus intimes ; le papier reste le lieu de dépôt léger de ses « pensées-plumes » – des pensées uniquement visuelles, répétitives, obsessionnelles. À côté des feuilles isolées, l’artiste commence à constituer au milieu des années 1990 des ensembles cohérents de dessins, comme si leur agglomérat devait en soi constituer un espace clos ou un mur intérieur, une « maison » de papier, en quelque sorte. Le premier en date – et l’un des plus importants – réunit 220 Dessins d’insomnie (Zurich, coll. Daros), qu’elle réalise, entre novembre 1994 et juin 1995, pendant les longues heures de la nuit où lui viennent des figures tantôt abstraites et géométriques, tantôt informes. Mais ce sont encore des feuilles indépendantes, regroupées par les circonstances de leur création plus que par leur thème iconographique, comme cela sera le cas par la suite. C’est vers 2003 qu’apparaissent les suites de dessins abstraits formellement cohérents qui seront publiés dans le catalogue de l’exposition « The Reticent Child », à la galerie Cheim & Read, à New York, en 2004. Dans les deux versions de Tous les Cinque , 2004 (coll. Joe et Marie Donnelly, et Oregon, coll. part.), Louise Bourgeois reprend le chiffre symbolique « 5 » – présent dans son œuvre au moins depuis la sculpture Quarantania I (1947-1953, MOMA) – sous la forme de colonnes verticales ou de cercles concentriques qui représentent, à la fois, la famille de ses parents et celle qu’elle-même a fondée en épousant Robert Goldwater, en 1938. En revanche, dans les autres suites abstraites, Sans titre (CIA)  (courtesy Hauser & Wirth, Zurich, Londres) ou Sans titre (Septembre 1-12) (coll. part.), également de 2004, les grilles répétitives, qui rappellent la structure textile des tissages, relèvent plus, de sa part, d’un marquage obsessionnel du temps qui passe.

Annoncé par le dispositif d’ensemble des quinze grands dessins (105 x 150 cm environ) de Sublimation (2002, coll. part.), où sont réunis images et textes, le grand déploiement d’ Extrême tension s’impose, depuis sa révélation au Centre Pompidou en 2008, comme la dernière œuvre graphique monumentale de Louise Bourgeois – et, peut-être, son dernier chef-d’œuvre. Se présentant comme un véritable livre mural, il est constitué de onze grands panneaux de formats différents, associant des estampes rehaussées à la main et de grandes feuilles de papier sur lesquelles figurent des mots et des phrases écrits en anglais par la main tremblante de l’artiste, âgée de 95 ans.

De panneau en panneau, Louise Bourgeois donne à lire et à voir, avec précision et sans embellissement aucun, son propre corps, vieux et usé : dans le premier, ses bras rouges élancés, tendus verticalement, encadrent le titre, écrit en lettres majuscules ; les suivants contiennent des mots énumérant les parties de son corps, depuis la base du crâne (panneau 2) jusqu’aux doigts de pieds (panneau 6) et aux mains (panneau 7), en passant par les organes internes : l’œsophage (panneau 4), le rectum (panneau 5)… Suivent les sensations et les manifestations physiques les plus intimes : douleurs et crampes (panneau 8), respiration, palpitations, bouffées de chaleur et transpiration (panneaux 9 et 10). Les mains rouges du premier panneau réapparaissent sur le septième, mais ici elles ont glissé vers le bas de la feuille, en y laissant des traces : cependant elles s’agrippent toujours au papier – c’est-à-dire à la vie. Le onzième panneau clôt l’œuvre, sans détours, par les mots : « L’odeur de l’animal traqué » , entourés de traces de doigts sur quatre colonnes. II ne fait aucun doute que l’artiste est cet animal – et que ce qui le traque est simplement la mort. Dans cet impressionnant « autoportrait » d’une anatomie éclatée, ultime face-à-face avec la mort et avec elle-même auquel elle convie le spectateur, Louise Bourgeois oppose à l’attente de la fin sa force de travail, et, toujours, son instinct de vie. » Extrait du catalogue Collection art graphique – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Agnès de la Beaumelle, Paris, Centre Pompidou, 2008 

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A Extrême tension répond aussitôt 10 AM is When You Come, suite de quarante peintures sur un motif unique, les mains de l’artiste qui saisissent ou sont saisies par les mains de son assistant,  Jerry Gorovoy. Les doigts semblent modeler, se croiser ou danser, allégories de la création.
Louise Bourgeois and her assistant Jerry Gorovoy in the studio in Carrara, Italy, in 1981 with marble works in progress

Louise Bourgeois and her assistant Jerry Gorovoy in the studio in Carrara, Italy, in 1981 with marble works in progress


Louise Bourgeois and her assistant Jerry Gorovoy in her Brooklyn studio preparing to make a mold for a sculpture in 1995

Louise Bourgeois and her assistant Jerry Gorovoy in her Brooklyn studio preparing to make a mold for a sculpture in 1995

Louise Bourgeois-10 AM Is When You Come To Me, 2007

Louise Bourgeois-10 AM Is When You Come To Me, 2007

Louise Bourgeois- 10 am Is When You Come To Me, 2007 — mixed media on 40 music paper sheets. These are the hands of Louise and Jerry Gorovoy.

Louise Bourgeois- 10 am Is When You Come To Me, 2007 — mixed media on 40 music paper sheets. These are the hands of Louise and Jerry Gorovoy.

© Louise Bourgeois/Licensed by VAGA, New York, NY/Adagp, Paris

COURTESY OF CENTRE POMPIDOU PARIS [centre pompidou]

 

Gustav Klimt. The girlfriends Die Freundinnen 1916 Oil on canvas Destroyed by a fire set by retreating German forces in 1945

Musée Gustav Klimt

Especially in his late drawings Klimt engages to homosexual love. In this late painting the bodies of the women seem to be dematerialized. The background dissolves in a decorative ornamental space. // Musée Klimt